IV° FORUM PARLEMENTARE EURO-MEDITERRANEO
Bari (Italie),17 et 18 juin 2002
déclaration
finale
Le Forum:
1.
Réaffirme le caractère singulier de la Méditerranée, vaste aire
géographique et culturelle dans laquelle la paix, la prospérité et le progrès
social ne pourront s'affirmer que grâce à une prise de conscience sincère des
valeurs, des intérêts, des enjeux, des menaces et des défis communs ou propres
à l'un ou à l'autre. Les flux migratoires méritent un examen en profondeur. Les
conclusions des participants en la matière font l'objet d'une résolution
séparée.
2.
Estime que tous les pays associés au processus de Barcelone doivent œuvrer
à la promotion de la démocratie et au respect des droits de la personne.
Considère que tous les pays sont également concernés par le développement et la
concrétisation de tous les aspects économiques, sociaux, culturels et
politiques du partenariat tels que définis par le processus de Barcelone.
3.
Appuie le plan d'action adopté par la Conférence ministérielle de Valence
et demande à la Commission européenne et au Conseil de l'UE de tout mettre en
œuvre pour que les recommandations deviennent de véritables actions
opérationnelles.
4.
Constate que le Proche-Orient est de plus en plus le théâtre d'un conflit
d'une extrême gravité. La communauté des nations doit s'engager de manière
décisive pour que la violence aveugle cesse, la loi soit appliquée, les
conventions internationales soient respectées et les actions humanitaires déjà
engagées puissent se poursuivre sans entraves. Dans cet esprit, soutient la
convocation d'une conférence internationale qui puisse rétablir la perspective
politique dans le conflit, tout en tenant compte des différentes initiatives de
paix.
5.
Considère qu'il ne peut y avoir de solution militaire au conflit du
Proche-Orient. La paix fondée sur l'existence de deux Etats sûrs,
démocratiques, viables et aux frontières définies - Israël et Palestine - est
la seule option. Il est pour cela urgent de continuer à travailler et
d'intensifier les efforts internationaux pour la reprise rapide du dialogue et
des négociations entre toutes les parties concernées, en ayant comme objectif
la création des conditions pour un accord de paix définitif.
6.
Déplore l’absence de progrès dans les négociations bilatérales en cours à
Chypre. Réaffirme sa conviction quant à la nécessité de trouver au problème de
Chypre une solution conforme aux résolutions des Nations Unies et rend hommage
aux efforts accomplis par le Secrétaire général de l’ONU, afin de trouver une
solution au problème chypriote.
7.
Est d'avis que la relance du processus de Barcelone passe aussi par une
coopération efficace, et non seulement rhétorique, dans le combat contre le
terrorisme international, de pair avec l'établissement d'une véritable
association politique et de sécurité euro-méditerranéenne. Cela, dans le
respect des droits de l'homme, des libertés individuelles et des principes
démocratiques, devenus éléments essentiels des accords d'association signés par
l'UE avec les partenaires méditerranéens.
8.
Condamne le terrorisme sous toutes ses formes et appuie la convocation par
l'ONU d'une conférence internationale sur le sujet, en souhaitant que tous les
partenaires euro-méditerranéens adoptent une approche commune lors de la
rédaction d'une Convention générale sur le terrorisme. De même, il est essentiel
que les associés au processus de Barcelone signent, ratifient et appliquent
tous les traités internationaux concernant la lutte contre ce fléau et la
criminalité organisée. L'établissement d'un réseau euro-méditerranéen de
contacts pour l'échange d'informations et la coopération dans la lutte contre
le terrorisme, ainsi que l'élaboration d'un code de conduite commun, s'avèrent
indispensables.
9.
En ce qui concerne l'établissement d'une zone de libre-échange
euro-méditerranéenne, exprime sa satisfaction après la signature des accords
d'association qui lient l'Egypte, l'Algérie et le Liban à l'UE et espère que
les négociations avec la Syrie ne connaîtront pas de nouveaux retards. Estime
nécessaire la réalisation d'études d'évaluation permettant de mesurer les
impacts économiques, sociaux, culturels et environnementaux des mesures
économiques prévues pour la zone de libre-échange. Accueille très favorablement
la Déclaration d'Agadir visant à la création d'une zone de libre-échange entre
l'Egypte, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie, tout en souhaitant que les
initiatives d'intégration entre partenaires du Sud se multiplient dans un
avenir proche.
10.
Estime que le développement de formules d'intégration régionale reste un
des éléments clés du processus de renforcement des liens dans l'espace
méditerranéen. En ce sens, se félicite de la réunion du 19 janvier 2002 des
ministres des Affaires étrangères de l'Union du Maghreb Arabe et de la décision
des chefs d'Etat de l'UMA de se réunir prochainement à Alger. Se réjouit
également de la reprise des activités du Conseil Consultatif de l'UMA.
11.
Considère que les propositions du Conseil européen de Barcelone des 15 et
16 mars 2002 et la décision du Conseil Ecofin ne sont pas en contradiction
avec la perspective de créer ultérieurement une banque euro-méditerranéenne de
développement. Considère, dans cette optique, la décision de créer un mécanisme
d’investissement euro-méditerranéen renforcé au sein de la BEI, ainsi que la
création, dans la région, de deux bureaux de la BEI, comme un premier pas
positif capable de favoriser dans l’immédiat un flux d’investissements. Estime
qu’il doit émettre un avis sur cette question et demande à la Commission
européenne de présenter rapidement une nouvelle communication spécifique
examinant les besoins financiers, les flux de financement existants et la
structure financière institutionnelle la plus appropriée.
12.
Souhaite la pleine utilisation des possibilités offertes par MEDA II et
exige des améliorations de la part de la Commission européenne et des
destinataires des fonds dans la gestion et l’exécution de cet important
instrument de coopération. Un assouplissement des contraintes bureaucratiques,
ainsi qu'une adaptation de MEDA Démocratie, s'imposent.
13.
Dans le cadre de la politique de développement durable, estime qu'il est
nécessaire de promouvoir les initiatives scientifiques et entrepreneuriales
pour la revalorisation des ressources historiques et naturelles. La mise en
valeur de ces dernières et leur exploitation en tant que sources de richesse
pourra se faire en adoptant des modèles compatibles avec l'environnement et le
respect de la diversité culturelle.
14.
Au chapitre des relations entre les peuples, prend acte avec satisfaction
de l’approbation par la Conférence ministérielle de Valence du principe de la
création de la Fondation euro-méditerranéenne pour la promotion du dialogue
entre les cultures et les civilisations et réclame sa constitution dans les
meilleurs délais.
15.
Afin de renforcer la visibilité du processus de Barcelone à travers des
échanges culturels et sociaux, considère que la Fondation devra disposer de
ressources budgétaires suffisantes, conformément aux propositions de la
Commission européenne. Les acteurs de la Fondation devraient être les
institutions gouvernementales et parlementaires du partenariat, ainsi que des
organismes publics et privés.
16.
Appuie le
développement de la dimension représentative du partenariat euro-méditerranéen
et s’engage à promouvoir dès que possible la création de l’Assemblée
parlementaire euro-méditerranéenne, suivant les conclusions de la Conférence de
Valence et dans la conviction que l’expérience acquise lors des sessions
régulières du Forum parlementaire euro-méditerranéen pourra y trouver son plein
épanouissement. Cette Assemblée mettra également en exergue la contribution du
Parlement européen, celle des parlements nationaux des Etats membres, ainsi que
celle des pays partenaires méditerranéens. A cette fin, le Forum établit un
groupe de travail chargé de la préparation de cette nouvelle structure.
17. Remercie le parlement italien d’avoir bien voulu accueillir, pour la première fois, le Forum dans une ville des bords de la Méditerranée et accepte l’invitation du parlement hellénique à accueillir le Ve Forum en Grèce, au cours du premier semestre 2003.
18. Charge ses coprésidents de transmettre la
présente Déclaration, ainsi que la résolution sur les migrations, aux
présidents des parlements des Etats participant au processus de Barcelone, à la
Commission européenne, au Conseil de l'UE, aux gouvernements des pays du
processus de Barcelone et, pour information, aux parlements et gouvernements
des pays des Balkans.