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LE MONDE
12/03/2008

Paris transmet aux Vingt-Sept un compromis franco-allemand sur l´Union pour la Méditerranée
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN
Moins de deux pages pour mettre un terme à la polémique qui a envenimé ces derniers mois les relations entre le président Sarkozy et la chancelière Angela Merkel. Mardi 11 mars, en prévision du Conseil européen qui se tient les 13 et 14 mars à Bruxelles, l´Elysée a fait parvenir à ses partenaires européens une présentation écrite, très succincte, du compromis négocié avec l´Allemagne sur son projet controversé d´Union pour la Méditerranée.
L´Elysée espère sur cette base obtenir l´assentiment des Vingt-Sept pour ce projet phare de la nouvelle politique européenne de la France, qui visait à créer une zone de coopération privilégiée entre les pays du bassin Méditerranéen.
Après la rencontre de M. Sarkozy et Mme Merkel le 3 mars à Hanovre, où ils avaient annoncé s´être entendus sur les principes de ce compromis, il a fallu encore une semaine pour finaliser une proposition commune.
Berlin, tout ce temps, a fait planer un doute sur la participation de Mme Merkel au sommet de lancement de l´Union pour la Méditerranée en juillet à Paris, au début de la présidence française de l´Union européenne (UE). Il n´y a plus de querelle, l´Union pour la Méditerranée est "intégrée" dans la politique méditerranéenne de l´UE, a déclaré au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, mercredi, le porte-parole du gouvernement allemand, Ulrich Wilhelm.

"NOUVEL ÉLAN"
La note précise l´articulation entre l´Union pour la Méditerranée et les politiques déjà existantes au niveau des Vingt-Sept. Loin de la "vision" initiale chère à M. Sarkozy et à son conseiller spécial Henri Guaino, le projet est censé donner un "nouvel élan" au processus de Barcelone, lancé voici plus de douze ans entre les deux rives de la Méditerranée. Les Français soulignent dorénavant la "convergence" entre les deux processus, les politiques déjà engagées devant "à terme" mener à l´émergence de l´Union pour la Méditerranée.
Contrairement aux souhaits de l´Allemagne, qui a dès le début plaidé pour une parfaite égalité entre les Etats membres, le principe d´une présidence paritaire Nord-Sud occupée pour une période de deux ans par des ressortissants des pays riverains est acté. En revanche les deux directeurs qui animeront le secrétariat permanent d´une vingtaine de personnes destiné à chapeauter l´initiative seront désignés l´un par les pays du Sud, l´autre par les Vingt-Sept.
Le document ne précise pas quels projets pourraient être retenus, et reste imprécis sur leurs financements. Les deux questions risquent pourtant d´animer les échanges lors du Conseil européen tant l´initiative demeure "confuse" aux yeux de nombreux diplomates européens à Bruxelles. Même les pays riverains, comme l´Italie et l´Espagne, craignent que Paris ne cherche à pousser ses propres intérêts dans la région.
Outre Berlin, plusieurs autres capitales, comme Varsovie, ne veulent pas entendre parler d´une remise en cause des grands équilibres budgétaires de la politique européenne de voisinage, qui bénéficient déjà pour deux tiers aux pays du Sud, et pour un tiers aux pays d´Europe orientale, comme l´Ukraine.


LE MONDE
13/03/2008
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel veulent convaincre l´UE de l´utilité de l´Union pour la Méditerranée
Les chefs d´Etat et de gouvernement de l´Union européenne se sont retrouvés, jeudi 13 mars, en fin d´après-midi, à Bruxelles pour un Conseil européen, où il doit être question de la situation économique, de la lutte contre le réchauffement climatique et de la libéralisation du marché européen de l´énergie. Lors d´un dîner organisé jeudi soir à l´occasion du sommet de printemps, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel vont par ailleurs essayer de convaincre ensemble les Vingt-Sept de l´utilité du projet d´Union pour la Méditerranée (UPM), porté désormais par le couple franco-allemand.
A l´issue d´une rencontre le 3 mars à Hanovre, en Allemagne, le président français et la chancelière allemande ont en effet trouvé un terrain d´entente au prix d´une spectaculaire révision à la baisse des ambitions initiales de la France. La structure ne devrait ainsi pas se réduire aux seuls pays européens riverains de la Méditerranée mais concerner l´ensemble des pays de l´UE. Le document fait à présent à peine deux pages et n´entre pas dans les détails. Il fixe pour objectif à l´UPM l´ouverture d´une "nouvelle étape de la coopération de la Méditerranée" en donnant "un nouvel élan" au processus de Barcelone, qui organise depuis 1995 la coopération entre l´UE et les Etats du sud de la Méditerranée.
La Commission européenne, qui avait le plus à perdre dans le projet originel n´associant que les pays riverains de la Méditerranée – ce qui aurait réduit son rôle dans le pilotage –, a donné jeudi matin le signe du ralliement. "Il semble que toutes les conditions sont maintenant réunies pour aller de l´avant. Il y a encore certains aspects à discuter, mais nous soutenons vraiment l´idée", a déclaré son président, José Manuel Barroso, avant l´ouverture du Conseil européen, en soulignant qu´il restait "des aspects institutionnels" à débattre.

CERTAINS PAYS RESTENT MÉFIANTS
Mais au sein de l´Union, nombreux sont ceux qui restent méfiants. Alors que le document franco-allemand propose la création d´une coprésidence, assurée par un Etat non membre de l´UE et un Etat membre de l´UE riverain de la Méditerranée, certains pays, comme la Slovénie, se méfient de la duplication des structures. D´autres comme le chef de file des socialistes au Parlement européen, l´Allemand Martin Schulz, mettent en garde contre les risques de division de l´Europe que pourrait engendrer l´UPM.
Autre pomme de discorde potentielle : la question sensible de l´utilisation de fonds européens, qui nécessite l´unanimité des Vingt-Sept. Enfin, les plus fervents supporteurs de la Turquie pourraient également rejeter un projet perçu dès son lancement comme une volonté de Nicolas Sarkozy d´imposer une alternative à l´entrée de la Turquie dans l´UE, à laquelle il s´est toujours opposé.
La France, a priori soutenue par l´Espagne et l´Italie, espère malgré tout pouvoir convaincre jeudi ses partenaires européens que son Union, qui met en avant des projets concrets, comme la dépollution de 130 sites "sales" du pourtour méditerranéen ou l´amélioration de l´accès à l´eau potable, sera plus efficace que les politiques européennes actuelles.


LE FIGARO
13/03/2008
Gaudin-Guérini, le débat avant l´explication finale
La campagne du second tour s´intensifie à Marseille. Elle a connu mercredi son point d´orgue avec un débat choc entre les deux candidats à la mairie : le sénateur maire UMP sortant, Jean-Claude Gaudin, et le président du conseil général PS, Jean-Noël Guérini.
Les deux hommes ont en effet accepté un duel attendu. C´est debout face à un pupitre qu´ils ont répondu aux questions de Jean-Pierre Elkabbach sur le plateau de La Chaîne Marseille (LCM) pour une émission organisée en partenariat avec Europe 1. Le débat avait d´autant plus d´importance que les deux hommes sont au coude-à-coude, Gaudin étant sorti en tête du premier tour des municipales avec 41,03 % des voix, talonné par Guérini qui en a recueilli 39,14 %.
L´incinérateur est un des points de désaccord. «Jean-Noël Guérini ne veut pas de l´incinérateur et dit qu´il faut enfouir les déchets mais il n´y a pas un maire qui veut le faire. Alors, on fait comme à Naples, où on enlève les déchets tous les quinze jours ?», a demandé le maire sortant. «Je m´engage à rencontrer l´entreprise qui construit l´incinérateur et j´ai la conviction de pouvoir trouver une solution», lui a répondu le candidat socialiste. «Si on lui arrête son usine, il demandera des dommages et intérêts. La ville n´en a pas les moyens», a insisté Gaudin.
Deuxième sujet de polémiques entre les deux hommes : la dette de la ville et les impôts. Guérini a affirmé que, bien que la ville soit surendettée, il investirait 163 millions d´euros hors transport mais qu´il n´augmenterait pas les impôts. «C´est irréalisable !», a estimé Gaudin en reprochant au président du conseil général des Bouches-du-Rhône de ne pas avoir aidé la ville et de vouloir faire financer, s´il est élu, ses investissements par le département. Le maire sortant a promis que, dès qu´il serait réélu, il lui rappellerait ses promesses de campagne et irait lui demander des subventions.

AFFRONTEMENT SUR LE TERRAIN
Jean-Noël Guérini lui a retourné la pareille, à propos des promesses de Nicolas Sarkozy de faire de Marseille la capitale de l´Union méditerranéenne, dans une lettre dévoilée lundi par le maire sortant. «Dès lundi, si je suis élu maire de Marseille, je demanderai un rendez-vous au président de la république pour qu´il me confirme la lettre qu´il a écrite à Jean-Claude Gaudin !» Les deux hommes se sont toutefois rejoints sur cet objectif comme sur la volonté de faire de Marseille, en 2013, la capitale européenne de la culture.
Les deux candidats ne s´affrontent pas que dans les médias. Ils ont investi le terrain et multiplient les visites de quartiers, les tractages et les réunions diverses. Mercredi, Jean-Claude Gaudin s´est rendu dans le quartier de Belsunce, dans le Ier arrondissement, où Jean Roatta affronte le socialiste Patrick Mennucci, puis au QG de campagne du troisième secteur, avant de finir la matinée par un grand apéritif avenue des Chartreux, dans le IVe arrondissement. Là, il apportait son soutien à son premier adjoint Renaud Muselier qui, avec Bruno Gilles, le maire sortant, fait face à Jean-Noël Guérini.
Le candidat socialiste s´investit tout particulièrement, ces jours-ci, dans ce troisième secteur, où il est tête de liste. Il y est arrivé en deuxième position dimanche, avec 37,51 %, à 4,65 points de Muselier, mais en progrès de 12 points par rapport au candidat socialiste en 2001. Fort de cette progression importante et de l´accord avec le MoDem, il croit en ses chances d´emporter le secteur.


LE MONDE
14/03/2008
L´Union pour la Méditerranée rentre dans le rang européen
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN
Les Vingt-Sept ont accepté de soutenir une version très édulcorée de la "vision" méditerranéenne chère à Nicolas Sarkozy. A l´issue de la première journée de leur sommet de Bruxelles, jeudi 13 mars, les homologues du chef de l´Etat français ont accepté de rebaptiser "Union pour la Méditerranée" le processus de Barcelone, qui encadre sans grand succès depuis douze ans les échanges entre l´Union européenne et les dix pays de la rive Sud.
"La décision a été prise dans un grand enthousiasme", s´est flatté M. Sarkozy, lors d´une conférence de presse tenue après le dîner des chefs d´Etat et de gouvernement, en estimant qu´il s´agissait d´un "compromis". "Nous avons simplement pris acte de la nécessité de relancer le processus (de Barcelone). Le moment est venu de le réévaluer", a acté plus sobrement le premier ministre slovène, Janez Jansa, dont le pays assure la présidence de l´Union ce semestre, tandis que la chancelière allemande, Angela Merkel recadrait une nouvelle fois l´initiative française : "Il s´agit du même instrument, et nous devrons nous assurer que les fonds sont correctement utilisés."
Avant de contraindre l´Elysée à réduire ses ambitions, début mars, Mme Merkel ne voulait pas entendre parler d´une initiative susceptible, à ses yeux, de semer la division au sein de l´Europe, et demandait d´associer l´ensemble des Vingt-Sept au projet défendu par Henri Guaino, le conseiller spécial du chef de l´Etat. Dans le discours de Tanger, au Maroc, où il avait dévoilé ses intentions le 23 octobre 2007, M. Sarkozy avait invité les seuls Etats riverains à créer "une Union politique, économique, et culturelle fondée sur le principe d´égalité stricte entre les nations d´une même mer". "Dans l´esprit de la France, l´Union de la Méditerranée ne se confondra pas avec le processus" de Barcelone, avait précisé M. Sarkozy, déclenchant les critiques de nombreuses capitales et de la Commission européenne.
S´expliquant dans la nuit, le chef de l´Etat a tenté de faire contre mauvaise fortune bon coeur. "Honnêtement, je ne vois pas ce à quoi nous avons renoncé", a-t-il dit, "l´idée doit être très forte pour que tout le monde veuille y participer". Il a aussi reconnu que "tous les problèmes ne sont pas réglés ce soir".

SECRÉTARIAT "LÉGER"
En guise de compromis, la France et l´Allemagne ont proposé que l´Union pour la Méditerranée soit ouverte à tous, et dotée d´un secrétariat "léger" d´une vingtaine de personnes. La présidence du projet sera assurée conjointement par deux ressortissants, du Nord et du Sud, originaires de pays riverains de la Méditerranée. Les contours du secrétariat, qui pourrait être installé à Barcelone, selon les Français, continuaient de susciter des critiques jeudi soir, en particulier de la part de la Commission et de ses alliés dans cette affaire. "Si les institutions envisagées n´entrent pas en conflit avec celles qui existent déjà, je ne verrais pas pourquoi nous ne lancerions pas la démarche", a prévenu le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
Prudents, les Français se sont gardés de préciser leurs vues en matière de projets concrets et de financements, deux questions qui devraient alimenter les débats avant le sommet de lancement, prévu le 13 juillet à Paris. L´ensemble des Vingt-Sept et des dix pays de la rive sud seront invités à cette rencontre, alors que l´idée initiale était de procéder en deux temps pour ne commencer qu´avec les seuls riverains. "Ce qui est important, c´est que c´est un projet européen : nous ne ferons pas un barbecue pour quelques Etats membres seulement", a ironisé le chancelier autrichien, Alfred Gusenbauer.


LE MONDE
14/03/2008
Les dirigeants européens soutiennent le projet édulcoré d´Union méditerranéenne
Les dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles ont soutenu, jeudi soir 13 mars, le projet d´Union pour la Méditerranée promu par la France pour renforcer la coopération de l´Union européenne (UE) avec notamment les pays du Maghreb, après avoir été sévèrement élagué.
"Cette initiative a obtenu le soutien du Conseil et le travail va maintenant commencer (...) pour préparer tout ce qui est nécessaire", a déclaré le premier ministre slovène Janez Jansa, dont le pays préside actuellement l´UE. Concrètement, mandat a été donné à la Commission européenne et à la présidence de travailler d´ici au prochain sommet, en juin, sur les détails et notamment sur les structures de ce projet de coopération renforcée avec les pays du bassin méditerranéen.
"Pour moi c´est une grande émotion de voir que cette idée (...) voit le jour puisque la totalité des pays européens l´a accueillie avec enthousiasme", a déclaré le président français. "On est tous conscients qu´en Méditerranée on aura la paix ou la guerre et que c´est là où beaucoup de choses se jouent."

"C´EST UN COMPROMIS"
Pour vaincre les réticences de plusieurs pays, en particulier de l´Allemagne, la France avait dû préalablement nettement édulcorer son projet initial. Au final, il consistera essentiellement à insuffler un nouvel élan au processus dit de Barcelone sur les partenariats euro-méditerranéen, lancé en 1995 et qui a donné peu de résultats. Paris a notamment accepté que tous les pays de l´UE, et pas seulement les riverains de la Méditerranée comme la France l´envisageait au départ, soient pleinement associés à l´initiative. L´Allemagne ne voulait pas être tenue à l´écart.
"Il a fallu trouver un compromis avec les pays non riverains, dont je comprends parfaitement qu´ils aient envie de se sentir concernés", a reconnu Nicolas Sarkozy. "C´est un compromis, c´est incontestable mais c´est difficile de faire l´Europe sans faire des compromis", a-t-il ajouté, en affirmant que le soutien de ses partenaires était "une très bonne nouvelle".
L´Union pour la Méditerranée va donc tenter de redonner une impulsion au processus de Barcelone. "Il ne s´agit pas de l´enterrer, il s´agit de le mettre à jour", a expliqué M. Jansa. Le processus de Barcelone a été handicapé depuis sa naissance par l´opposition entre Israël et les pays arabes. Une dizaine de pays du sud méditerranéen y sont impliqués : Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Territoires palestiniens, Syrie, Tunisie et Turquie, rejoints depuis 2007 par la Mauritanie. La Libye a un statut d´observateur.

PROBLÈMES DE FINANCEMENT ET DE PRÉSIDENCE
M. Jansa a toutefois relativisé l´ambition politique de l´Union pour la Méditerranée. "Les nouvelles idées que contient le projet ne visent pas à trouver une solution aux problèmes du Proche-Orient ou aux problèmes entre Israéliens et Palestiniens. Il y a d´autres instruments" pour cela, a-t-il dit.
L´idée est de se concentrer sur une série de projets concrets, notamment dans le secteur de l´environnement, comme la dépollution de la Méditerranée et la lutte contre les feux de forêts.
L´Union doit être officiellement lancée le 13 juillet lors d´un sommet rassemblant tous les Etats de l´UE et les pays riverains du sud, sous présidence française de l´Union européenne.
Outre la définition précise des projets de l´Union se posent déjà plusieurs problèmes, parmi lesquels la question du financement des projets. Plusieurs des partenaires de la France, en effet, n´entendent pas débourser un euro de plus que ce qui est déjà prévu pour la Méditerranée. Autre difficulté à surmonter : qui présidera cet instance ? L´UPM sera coprésidée pour deux ans par un tandem composé d´un pays de l´Union européenne et d´un pays du sud de la Méditerranée. Mais le poste de coprésident du côté de l´Union serait réservé "dans un premier temps" aux pays riverains, ce qui fait débat. De plus, les pays arabes n´acceptent pas l´idée qu´Israël puisse les représenter.


LIBERATION
14/03/2008
Sarkozy-Merkel : La diplomatie du SMS
Le président français a assuré jeudi qu´il n´y avait aucun problème dans le couple franco-allemand, glissant même que la chancelière allemande et lui-même s´envoyaient des messages.
Qu’on se le dise, les relations entre Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel sont «excellentes». C’est le président français lui-même qui l’a affirmé jeudi soir. Et d’ailleurs, preuve irréfutable, «on a nos téléphones, on s’envoie des textos» a confié Sarkozy. Exit donc le long bras de fer diplomatique entre Paris et Berlin qui vient à peine de s’achever autour du projet d’Union pour la Méditerranée.
Lors d’une conférence de presse suivant le dîner des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne réunis à Bruxelles, Sarkozy s’en est pris aux journalistes dubitatifs : «C’est excellent mais vous ne me croyez pas quand je le dis, alors je ne sais pas quoi répondre. Je pense qu’on ne s’est jamais mieux compris et qu’au fil des semaines et des mois, on apprend de mieux en mieux à travailler ensemble».
Le président français a aussi rappelé que les deux pays avaient travaillé ensemble pour promouvoir le traité de Lisbonne ou améliorer la gouvernance du groupe franco-allemand d’aéronautique et de défense EADS, assurant que «pour nos partenaires, c’est quand même assez rassurant de voir que la France et l’Allemagne ont les mêmes idées».
Enfonçant le clou et écartant les rumeurs d’irritation ressentie à Berlin, il a martelé: «Je veux vraiment vous dire, il n’y a pas de problèmes, on est extrêmement francs, je crois que je suis assez franc. Quand il y a un problème, on s’en explique et on ne le nie pas et on arrive à une solution».
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont présenté jeudi soir aux autres membres de l’UE leur projet commun sur l’Union pour la Méditerranée, une version revue à la baisse par rapport à l’idée initiale du président français : tous les pays de l’Union européenne sont désormais concernés et pas seulement ceux riverains de la Méditerranée.


LE FIGARO
14/03/2008
Méditerranée : l´UE entérine le nouveau projet
Nicolas Sarkozy a exposé hier son nouveau projet d´union, qui a reçu l´approbation de Bruxelles.
Les partenaires européens de la France ont acquiescé sans enthousiasme au projet d´Union pour la Méditerranée présentée hier par Nicolas Sarkozy, conjointement avec Angela Merkel. Pour la première fois hier, lors du Conseil européen, le chef de l´État français présentait formellement l´une des idées diplomatiques phares de son quinquennat. L´accueil réservé au texte de deux pages qui décrit l´architecture institutionnelle de la nouvelle union, fut au diapason des ambitions françaises, largement revues à la baisse.
Au lieu de créer ex nihilo une nouvelle union, le projet se contente de prendre appui sur le processus de Barcelone, forum de coopération interméditerranéen lancé en 1995, aujourd´hui ensablé, et auquel la France souhaite donner un « nouvel élan ». « Sous présidence française, le processus de Barcelone sera porté à un autre niveau, mais il s´agit du même instrument », a minimisé la chancelière allemande. Seule réelle innovation : une présidence conjointe, assurée par un pays du sud et un du nord de la Méditerranée, assistée d´un secrétariat, organisera tous les deux ans, un sommet réunissant les 43 pays invités. Berlin a forcé Paris à corriger une initiative qui privilégiait le sud de l´Europe et menaçait l´intégrité de l´UE. Nicolas Sarkozy a répété hier son souhait que les Vingt-Sept « établissent » l´Union pour la Méditerranée « sur un pied d´égalité ». « Si les institutions envisagées n´entrent pas en conflit avec celles existantes, je ne verrais pas pourquoi nous ne lancerions pas la démarche », a ajouté le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker.

TROIS MILLIARDS D´EUROS DE FONDS COMMUNAUTAIRES
La Commission européenne, en revanche, s´est montrée vraiment allante. « Il semble que toutes les conditions sont réunies pour aller de l´avant », a déclaré son président, José Manuel Barroso. L´institution bruxelloise est surtout soulagée de voir sa place formellement reconnue, et de garder la main sur les quelque 3 milliards d´euros de fonds communautaires qui seront alloués entre 2007 et 2010 aux 10 états du Sud.
Nicolas Sarkozy a expliqué que seuls des fonds privés seraient levés afin de financer les futurs projets de « l´Union », tels que des travaux de dépollution de la Grande Bleue. Ces questions budgétaires continuent pourtant à tarauder certains États membres. « Nous devrons nous assurer que les fonds sont correctement utilisés » a rappelé Angela Merkel, tandis que Londres redoute un possible « redéploiement » des ressources. La Pologne, pour sa part, a vite fait de comparer les largesses financières accordées au Sud avec celles, plus modestes, prodiguées à son protégé ukrainien (500 millions d´euros). « Nous acceptons ce projet en général mais j´espère que les dirigeants européens seront d´accord pour donner une perspective européenne à l´Ukraine », a déclaré le premier ministre Donald Tusk. Un parfait vœu pieux.



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