La Presse, 31/01/2006

Editorial

 

Une nouvelle vision


«Ce qui unit les êtres humains est bien plus consistant que ce qui les divise»
. C’est en ces termes et, s’appuyant sur des références multiples et diversifiées, empruntées aux différentes cultures et civilisations ayant gouverné le monde à travers les siècles, que le président Zine El Abidine Ben Ali a abordé, hier, la problématique du dialogue des civilisations et des cultures.

Le Chef de l’Etat, qui présidait l’ouverture du colloque international «Les civilisations et les cultures humaines : du dialogue à l’alliance», à l’initiative de l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (Isesco), a souligné l’appui total de la Tunisie aux actions communes en faveur de l’établissement de relations de communication et de complémentarité entre les diverses civilisations, cultures, religions et peuples.

Le Président de la République a mis en évidence, à cet effet, la nécessité de voir gouvernements, organisations et associations «assumer des rôles nouveaux et actifs dans la conception de relations saines entre les individus, les communautés et les peuples».

Faisant l’apologie d’«un dialogue multilatéral qui rejette la fermeture sur soi, le fanatisme, les préjugés et les partis pris», le Président de la République a estimé que «la paix mondiale ne peut être construite qu’à travers le dialogue, la tolérance et l’entente», affirmant que «la destinée du monde ne peut être décidée que par l’humanité tout entière, avec tous les hommes et au profit de tous les êtres humains».

Indiquant que l’histoire universelle témoigne que les crimes les plus atroces commis contre l’humanité se sont souvent appuyés sur le sentiment de supériorité raciale, civilisationnelle ou culturelle, le Président Ben Ali a solennellement réfuté l’existence de civilisations «supérieures» et de civilisations «inférieures», ou de cultures «fécondes» et d’autres «stériles».

Le moment est venu, explique le Président, de «dépasser la double opposition entre l’Orient et l’Occident, et entre le Nord et le Sud, et de nous débarrasser des malentendus accumulés de part et d’autre, afin de reconnaître, tous autant que nous sommes, le contenu moral et humain qui caractérise les civilisations, cultures et religions de tous les peuples».

L’appel lancé hier à partir de Carthage pour une nouvelle vision des rapports entre les civilisations, les communautés et les nations se fait l’écho d’une action à laquelle le Président Ben Ali n’a cessé de consacrer des efforts multiformes à l’échelle nationale et internationale et qui, fort heureusement, recueille de par le monde de plus en plus l’adhésion tant en Orient qu’en Occident.

C’est pour ces multiples raisons que le message de Carthage porte en lui les espoirs de réconciliation et d’entente longtemps nourris à travers les souffrances de plusieurs siècles d’affrontements tragiques et meurtriers entre différentes nations du monde. Et c’est pourquoi il est temps pour tous, peuples et Etats du monde, de ne pas manquer l’opportunité historique de construire ensemble un monde meilleur et d’instaurer, collectivement, sur terre la paix et la prospérité dont elle a, aujourd’hui, tant besoin.